TRANSFORMER LE MAL-ÊTRE EN BIEN-ÊTRE


Publié le 15/10/2020
Ecouter les jeunes Argelésiens en recherche de soi est le rôle de l’association “Parenthèse”. L’éducatrice spécialisée Sandrine Girotto leur offre son oreille pour les aider à se construire, tout en douceur et sensibilité.

Une fois par semaine, l’association “Parenthèse” installe sa permanence dans notre commune. En partenariat avec la municipalité, cette structure basée à Perpignan améliore la vie dans notre commune. Elle reçoit des jeunes, orientés vers elle par le collège, le lycée, la Maison Sociale de Proximité, le Centre Médico-Psychologique (CMP) ou le Centre Communal d'Action Sociale (CCAS). Des entretiens individualisés permettent de “réparer” ces 12-25 ans en manque de repères et d’équilibre. Trouver sa place dans l'existence, transformer le mal-être en bien-être sont les enjeux de cette écoute personnalisée, assurée par Sandrine Girotto, éducatrice spécialisée. Sans vitre ni bureau qui séparerait les deux interlocuteurs, en face à face, la bienveillance rectifie des trajectoires personnelles malmenées par la vie.

Sandrine Girotto, quelles situations personnelles réparer-vous ?
Le grand sujet est la parentalité, dans une société qui évolue très vite. La relation parents-enfants exige du temps, nous accompagnons les jeunes, mais aussi leurs parents. Nous les voyons séparément, et cela fonctionne. De nombreux jeunes, des pré-ados aux jeunes adultes, ne savent plus vivre avec leurs parents ou leurs enfants. On me dit “Je ne veux plus voir ma mère, je ne veux plus voir mon fils”... ce sont des situations complexes. J’entends aussi “je ne me reconnais plus, mon corps change, mon être change, je ne sais plus qui je suis”. Ces situations se traduisent pas une absence de relations, sous un même toit. Il faut donc réagir au plus tôt, dès que des signes se présentent, en sollicitant nos services, qui sont gratuits. je travaille dans le préventif, et non pas dans l’urgence de situations catastrophiques.

Quels sont les cas extrêmes ?
Dans certaines situations, l’enfant n’a pas la place d’enfant dans sa famille. Il a une place de parent, parce que son père ou sa mère ne sait plus tenir ce rôle. Il faut l’accompagner pour qu’il redeviennent enfant, et obtenir l’aide d‘autres parents pour que ses propres parents réapprennent leur rôle. Ensuite, l’enfant peut redevenir enfant, peut de nouveau parler de lui et s’épanouir. Mais je me garde de dicter les comportements, je préfère poser des questions aux enfants sur les solutions qu’ils imaginent pour leur propre équilibre, en les renvoyant à leurs possibilités.
Vous êtes un peu assistance sociale ?
Non, je suis à l’écoute, et tout ce qui est de l’ordre du social est transmis às nos partenaires. J’offre un espace anonyme où l’on prend du temps pour soi. On se pose, dans une vie effrénée, et on se dit “Je ne ne suis pas à l'aise avec cela, comment faire dans ma relation familiale”. Je travaille beaucoup sur la relation. Au final, chacun peut trouver sa place, en agissant chacun à sa mesure.

Le coronavirus influence les comportements ?
Certainement. Pendant le confinement, au printemps, j’ai tenu soixante entretiens téléphoniques avec des Argelésiennes et des Argelésiens. Nous ne vivons pas dans une société idéale pour que le maximum de gens vivent les choses sereinement. S’il y a des personnes qui les écoutent, les accompagnent, c’est important. La demande reste importante, nous envisageons d’ajouter une heure à notre permanence hebdomadaire.

Séances d’écoute tous les mercredis de 14h à 17h, en mairie d‘Argelès-sur-Mer.
Prises de rendez-vous : 04 68 35 01 09