On a levé plus de 5 tonnes de liège à Argelès-sur-Mer


Publié le 30/07/2020

La campagne de levage du liège s’est achevée ce mercredi 29 juillet à Argelès-sur-Mer. Le prélèvement de cette matière, dans le massif des Albères, est le fruit d’un précieux savoir-faire. Comme pour l’olive et le raisin, le liège a sa saison de cueillette, de la fin mai à fin juillet. “L’arbre doit être en pleine activité végétative, sans cela, le liège ne se décolle pas”, explique Renaud Piazzetta, directeur de l’Institut Méditerranéen du Liège, qui encadre la “levée” argelésienne. De lundi 27 à mercredi 29 juillet, cette activité s’est développée dans le secteur du mas d’en Jordi, du mas Rossignol, de Notre-Dame de Vie et du mas Llinas. Une équipe de 9 leveurs s’est mise à l’oeuvre dès 6h du matin, jusqu’à 14h, avec une pause “esmorzar” à 10h. Ces salariés d’une entreprise de Maçanet de Cabrenys, en Empordà, sont originaires d’Andalousie, où leur métier est vivace. L’un d’eux, Francisco Antúnez, détaille les vertus de sa hache à double usage : une lame acérée pour le coupage et un manche en biseau renforcé de métal, véritable levier, pour ôter la matière en douceur. “C’est un outil traditionnel très bien pensé, que je tiens de mon père”, raconte ce leveur de 32 ans.

Un chêne donne du liège tous les 12 ans

Les arbres produisent à partir de l’âge de 25 ans un liège apte à être levé tous les 12 ans. “Le démasclage dépend des facteurs stationnels, composés par le climat de l’année et les ressources en eau”, observe Renaud Piazzetta. Chaque ouvrier prélève à Argelès jusqu’à 400 kilos de liège par jour, soit près de 5,6 tonnes au total, pour cette campagne 2020. Le levage est supervisé par l’Institut Méditerranéen du Liège et confié à l’Association Syndicale Libre (ASL) Suberaie Catalane, qui regroupe 120 propriétaires, dont la commune et plusieurs propriétaires de mas d’Argelès-sur-Mer. Le liège argelésien rejoint la société Diam Bouchage (ex-Œneo-Sabaté), le numéro 2 mondial basé à Céret, qui assure son triturage. Les bouchons sont alors micro-agglomérés par procédé de moulage individuel. “Nous leur fournissons 100 à 150 tonnes de liège, selon les années”, détaille Renaud Piazzetta. “Ici, le savoir-faire des leveurs de liège était très répandu jusque dans les années 1950, puis il s’est évanoui avec l’arrivée, sur le marché, du liège du Portugal, d’Espagne et du Maroc”.