Le délégué de quartier, un lien solide avec la mairie


Publié le 08/01/2021


Les 48 délégués de quartier argelésiens sont des maillons efficaces entre la vie quotidienne et la décision municipale. Cette grande équipe d’habitants engagés est animée par deux élues  référentes, Cathy Barnades et Lucia Sadok.

“Les délégués de quartier sont le maillon irremplaçable entre la rue, le boulevard, la place… et la municipalité”, s’accordent à dire Cathy Barnades et Lucia Sadok, élues de la municipalité, en charge des délégués de quartier. Toutes deux veillent au bon fonctionnement de ce grand réseau de responsables du quotidien, créé au milieu des années 1980 par le maire Jean Carrère. Les missions de ces habitants ? Écouter, comprendre, transmettre. En relais, la mairie applique la solution aux problématiques exprimées. Les thèmes les plus fréquents : l’entretien des chaussées et des trottoirs, les nuisances sonores, la vitesse excessive des véhicules, les haies qui dépassent sur le trottoir ou qui cachent le lampadaire. Au chapitre de l’incivisme, le grand classique, ce sont les déjections canines. “Ce n’est pas très poétique mais il faut en parler, car ce problème persiste”, observe Cathy Barnades, qui déplore un nouveau phénomène : “certains propriétaires utilisent des sacs à crottes... avant de les jeter n’importe où”. Sans compter les masques anti-Covid, qui prolifèrent sur la voie publique.

Un avantage pour la qualité de vie

Les délégués de quartier sont les maillons d’une chaîne de proximité, que les deux élues s’emploient à huiler. Depuis le printemps, l’équipe des délégués est remaniée, avec des entrants et des sortants. Le passage de relais est favorisé entre les anciens et les nouveaux, comme dans une grande famille. Chaque délégué fait remonter un maximum d’informations à l’hôtel de ville, il explique au voisinage le fonctionnement global de la “machine” municipale et défend l’esprit collectif, face à la tentation individualiste. En effet, tout le monde ne peut pas être servi au même moment au sein de la communauté argelésienne, car les finances ne sont pas extensibles. “L’addition de tous nos quartiers constitue Argelès, et l’ensemble de la ville dépend du même budget, il faut parfois savoir attendre”, indique Cathy Barnades. Dès le premier confinement, plusieurs délégués ont signalé la situation de personnes âgées et handicapées en difficulté. Ces signalements ont permis aux services municipaux d’intervenir rapidement.

Qu’est-ce qu’un “bon” délégué de quartier ?

“Un bon délégué de quartier est une personne attentionnée, mesurée, posée, appréciée par les habitants”, analyse Lucia Sadok. Révélée ces derniers mois dans le rôle de coach de l’équipe, elle précise : “Il faut savoir rester à sa place”. Le délégué représente la mairie en tant que collectivité de proximité. Pour renforcer le bien-être, il dit aux élus ce qui va bien et ce qui ne va pas. “C’est une charge, mais il faut aussi qu’il y ait du plaisir à l’exercer”, modère Cathy Barnades. Le délégué doit savoir trouver la bonne distance entre lui et les gens, il n’a pas à résoudre des querelles de voisinage ou à prendre des décisions seul. Il est parfois “mis sous pression par les impatients”, observe l’élue, qui cite en exemple les chantiers de voirie : “refaire une rue coûte cher, on ne peut pas engager des travaux dans la seconde… mais les gens sont de plus en plus pressés”. Le délégué de quartier n’est pas un relais politique, il est un citoyen neutre, qui a du temps. Observateur attentionné, mais pas indiscret, il n’est pas un commissaire de quartier ni un shérif local. Il a la confiance de la mairie, dans l’intérêt général. René Pons, habitant du centre-plage, résume ses 35 ans comme délégué : “il faut bien écouter, pour transmettre les souhaits ou les plaintes des gens avec la plus grande clarté”. André Tixé, ancien délégué de la rue Arthur Rimbaud, témoigne de l’importance de la fonction : “il faut les encourager, ils sont un trait d’union entre les administrés et la mairie, ce n’est pas toujours facile”.

Préparer la ville de demain

Le réseau de délégués est un avantage pour Argelès-sur-Mer, mais les temps changent et la multiplication des habitations isolées de leur environnement est une caractéristique à affronter : de nombreuses personnes vivent dans des villas entourées de bambous, de protections, de murs élevés, ce n’était pas le cas il y a 20 ou 25 ans. Les résidences fermées, avec digicode, sont autant d’îlots parfois hermétiques. Il était alors possible d’intégrer les arrivants. Parfois, notamment dans les nouveaux quartiers, les habitants ont moins envie de participer à la vie de la cité car “ils font leur vie dans leur coin”, regrette Lucia Sadok. qui s’emploie à développer les liens nécessaires pour “faire Argelès”, en faisant connaissance, afin de préparer la ville de demain. L’accompagnement de la croissance urbanistique et démographique de la ville s’accompagne d’un renforcement des équipes de délégués. Cette densification, et l’animation dédiée, représentent une tâche quotidienne devenue primordiale contre le risque d’anonymat que l’on observe dans les communes impersonnelles, où les voisins qui ne se connaissent pas. Certains délégués de quartier se rappellent de repas mémorables, dans la rue, de véritables fiestas, idéales pour faire connaissance et faire société. “Il faut que les gens s’impliquent, pour donner un sens fort au vivre ensemble”, assure Cathy Barnades, dont le dynamisme est communicatif : “c’est ensemble qu’on fait Argelès, et c’est ensemble qu’il fait bon vivre !”. Tout comme les élus, les acteurs sociaux, culturels et économiques, les délégués de quartier font le présent et l’avenir argelésiens. Il sont un groupe qualifié, qui intègre les autres, au sein d’une chaîne qui va s’allonger pour répondre aux besoins de la commune.

Michel Bernard, délégué Charlemagne-Valmy (notre photographie) :
“Un engagement naturel”

"Un délégué de quartier est proche du voisinage, il faut que cela soit inscrit dans sa personnalité. Il y a 20 ans, lorsque j’ai pris ma retraite de la police nationale, il m’a semblé naturel de donner du temps et de l’expérience à la vie quotidienne, dans la ville où j’ai choisi de vivre. Cela représente un engagement et une fidélité à la commune, pour l’harmonie générale. Je suis notamment attentif aux personnes du 4e âge, qui vivent seules. Cela fait partie de mon rôle”.

Jeanne Landru, déléguée Plage Nord (notre photographie) :
“Le confinement favorise le dialogue !”

“Déléguée depuis 2019, je me rends compte que les habitants vivant à l’année dans les résidences ont énormément besoin de parler, ils sont heureux de parler. Le confinement isole tellement de personnes seules ! Mon ancien métier de conseil dans une compagnie d’assurance m’a appris le contact avec tous les profils, toutes les situations. Cela m’aide énormément. Mon rôle est aussi de porter la voix de la plage à la mairie, car il y a encore beaucoup de travail à faire pour relier la plage au village”.

Qui est votre délégué de quartier ?
Retrouvez la liste sur https://www.ville-argelessurmer.fr/s-informer/dlgus-de-quartier
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