LA RETIRADA A 4 MAINS


Publié le 06/12/2019

A l’occasion du 80e anniversaire de l’exil des Républicains espagnols, ils ont peint leur Retirada. Retour sur l’oeuvre et la démarche de création de 4 peintres singuliers dans la nouvelle exposition du Mémorial du camp.

Il régnait une effervescence toute particulière le 23 février dernier devant le Mémorial du camp. Dans le cadre du 80e anniversaire de la Retirada de 1939, quatre artistes du département étaient invités par la Ville et le Mémorial à s’exprimer en direct et dans la rue sur le thème de l’exil et de l’internement, de la mémoire, et de ce qu'elle est devenue avec le temps. Un défi relevé par Ben Caillous, Alain Vilacèque, Rémi Schweizer et 2NYSS.

Dès le départ, les organisateurs ont pensé au Street Art. L'idée était d'aborder un sujet grave sous un angle artistique, et de partager avec le public, tout-au-long de la journée, leur travail de création. La condition posée était de réaliser leur œuvre sur toile. A partir de photos du camp d'Argelès-sur-Mer, ils se sont concertés pour réaliser quatre tableaux, chacun constituant une partie cohérente d'une série répondant aux thèmes proposés : la vie quotidienne au camp, l'enfermement derrière les barbelés, l'exode, l'arrivée au camp...

Leurs quatre toiles éphémères seront exposées au Mémorial du camp d’Argelès-sur-Mer du 3 décembre au 15 février. Un reportage vidéo, réalisé auprès des quatre artistes, permettra de découvrir leur processus de création et leur technique artistique.

Ce projet tenait particulièrement à coeur à Jean Vilacèque, “parce que [sa] mère avait 11 ans quand elle est arrivée au camp. C’était une façon de témoigner à [son] tour”. Ben Caillous a, lui, tout particulièrement apprécié “le live painting, un vrai partage avec le public”. Méthodique, 2nyss a de son côté “phosphoré en amont du projet sur photomontage, pour travailler la couleur en deux dimensions, à l’oeil nu et sous lumière UV”. Quant à Rémi Schweizer, qui a dû tout apprendre de cette tragédie de la Guerre civile d’Espagne, son défi a été de créer en direct, avec “l’idée de représenter une cohorte de gens en fuite, de dos. Pour ne pas pas montrer le pays où ils arrivaient, mais celui qu’ils quittaient pour toujours.” 

L’exil, le camp… une exposition singulière à ne pas manquer pour clore ce 80e anniversaire de la Retirada sur une démarche créative.