Hommage à Maurice Codognet, "Évadé de France"


Publié le 04/05/2021
A l'occasion de ce samedi 8 ai 2021, journée de commémoration de la Victoire du 8 mai 1945, hommage sera rendu à Maurice Codognet, qui vient de nous quitter à l'âge de 95 ans. Le Comité du Souvenir Français et la Section Fédérale André Maginot portent aujourd'hui le deuil de l'avant-dernier "Évadé de France" d'Argelès-sur-Mer.
 
M. Codognet était né le 12 mars 1926, au sein d'une famille de commerçants à Argelès-sur-Mer. Il y fera ses études jusqu'à l'obtention du Certificat d'Etude et du Brevet Supérieur. Mais à l'approche de ses dix-huit ans, dans une France occupée par l'ennemi, il prend la décision avec trois de ses amis, le 10 mars 1944 à 6h du matin, de franchir la frontière espagnole, pour aller rejoindre les rangs des armées de la France Libre en Afrique du Nord. Il participera, dans la Marine Nationale, à bord du croiseur Duquesne, aux opération de libération du territoire national (notamment la maîtrise de la poche de Royans). Il recevra à ce titre la médaille de Combattant volontaire de la Résistance.
 
Dans un mémoire rassemblant ses souvenirs, il explique très bien toute cette période d'Évadé de France et, notamment, un retour… surprenant : « L'échéance tant espérée se présente enfin et je quittais le croiseur Duquesne et Cherbourg, les 18 mois de mon engagement militaire accomplis et dans ma dix-neuvième année. Le retour dans mon village natal fut marqué dès le lendemain par une anecdote dont on ne peut apprécier le sel qu'avec du recul. En effet, je m'étais à peine installé dans la sécurité familiale, que, dans la matinée, deux gendarmes se présentèrent au domicile de mes parents. Ils étaient porteur d'une convocation des autorités militaires pour recensement en vue de l'accomplissement de mes obligations militaires ! Il fallut des explications, que je présente mon titre tout récent de démobilisation et que je rappelle que la gendarmerie savait que j'étais parti pour rejoindre la France Libre en mars 1944. Ils finirent par admettre que j'étais en règle avec les dispositions du service militaire et repartirent avec le sentiment d'avoir fait leur travail. Un moment perplexe, je compris que cette page de ma vie était bel et bien tournée».
 
Après une carrière dans l'Administration des Douanes à Bordeaux, il se retirera avec son épouse définitivement à Argelès-sur-Mer. Toujours présent aux cérémonies Nationales et Locales auxquelles il était très attaché, il s'est impliqué avec ferveur dans la transmission de la mémoire auprès des jeunes générations, en faisant avec son cousin Marcel Codognet de nombreuses interventions en milieu scolaire.
 
La ville d'Argelès-sur-Mer lui doit aussi l'implantation de deux stèles hommage (au rond-point des Évadés et sur la piste de la Massane) en mémoire des dix-sept jeunes Argelésiens qui ont tout donné pour la liberté de leur patrie. Treize ne sont jamais revenus de la Seconde Guerre mondiale, deux mourront en Indochine. Seuls rescapés, Maurice et Marcel Codognet ont pu témoigner de l'acte de bravoure de ces jeunes qui ont franchi les Pyrénées au péril de leur vie, ont souvent payé leur audace par un dur internement et sont devenus Combattants volontaires de la Libération.
 
Maurice Codognet était titulaire de :
La Carte d'Association Réfractaire et Maquisards de France
La Carte de Combattant Volontaire de la Résistance
Carte du Combattant ONAC
Diplôme de la Nation avec Reconnaissances des Services rendus à la France, pour avoir participé à la Seconde Guerre Mondiale.
Médaille d'Honneur des Douanes
Médaille de Bronze et d'Argent du Souvenir Français
Médaille d'Or de la Fédération Nationale André Maginot
 
(Source : Raymond Mallol - Souvenir français)